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Cœur : protection rapprochée
Particulièrement résistant, le cœur subit malgré tout les excès de notre mode de vie et les contrecoups de nos tensions mentales, affectives. Aussi faut-il veiller à protéger cet organe pour qu’il puisse battre longtemps à l’unisson de notre vie.
Au cœur d’un symbole
Depuis des temps immémoriaux, le cœur revêt une charge symbolique qui imprègne fortement notre imaginaire contemporain.
Centre vital, cet organe qui assure la circulation du sang constitue aussi le siège de l’affectivité, sans doute parce qu’il bat la chamade lorsqu’il est en proie à de vives émotions. Objet d’un culte ritualisé, le cœur symbolisait chez les Égyptiens la volonté, la conscience morale. Au tribunal, le dieu Osiris effectuait la pesée de l’organe du défunt pour décider de son sort : gagner l’éternité ou sombrer dans la mort corporelle.
C’est Aristote (IVè siècle avant JC) qui attribua « pour la première fois une place centrale au cœur », raconte le professeur Jean-Pierre Ollivier, cardiologue (1) ; s’opposant au médecin Hippocrate pour qui les émotions et les sentiments étaient gouvernés par le cerveau, le philosophe grec fit du cœur le siège de l’âme, du souffle (pneuma).
La tradition biblique a repris cette symbolique en accordant à cet organe une place centrale dans la vie spirituelle. Symbole de l’amour divin et humain par la réincarnation du Christ, le Sacré-Cœur est représenté dans l’imagerie religieuse, saignant ou flamboyant.
Les raisons du cœur
Si, jusqu’à la fin du moyen-âge, notre civilisation occidentale associait le cœur à l’affection, une séparation s’est produite au XVIIè siècle avec Descartes. Rejetant l’héritage antérieur, il plaça désormais l’âme dans le cerveau. Selon ce philosophe dit cartésien, la passion, l’émotion qui demeure le domaine réservé du cœur parasitent le cours limpide de la pensée logique.
Absent de toute dimension religieuse, le cœur est désormais davantage lié à l’intuition. « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point », écrivait le penseur Pascal. Cette vision influença largement la pensée moderne.
Amour, courage, générosité… ou les vertus du cœur
Dans l’imaginaire populaire, le cœur demeure encore aujourd’hui l’organe de l’amour. Percé de la flèche de Cupidon, le dieu grec, il représente l’ardeur de ce noble sentiment. Ce mot universel désigne plus largement ce qui se trouve au centre (le cœur du problème, au cœur de la nuit…), précise le docteur Jocelyne Vaysse (2), psychiatre et cardiologue. Le cœur revêt également le symbole des qualités humaines : la générosité de l’être qui a « le cœur sur la main » ou qui est de « tout cœur », la franchise de celui qui parle « à cœur couvert », le « cœur pur » de l’être doué d’un sens moral, mais aussi le courage de celui qui a « le cœur bien né ». Symbole enfin de la sincérité exprimée « à cœur ouvert » et de l’intériorité qui puise au « fond de son cœur ». Le cœur constitue donc un organe « aimé, vénéré, sublimé, médiatique… dont les liens à l’imaginaire semblent illimités… L’aspect anatomique de l’organe cohabite largement avec l’imaginaire qu’il suscite », conclut Jocelyne Vaysse.
Source : Eovi Mag, rédaction Christine Laouénan
(1) Le cœur rythme de la vie, Jean-Pierre Ollivier, Ed : Découvertes Gallimard 2008
(2) Petit traité de médecine psychosomatique, Jocelyne Vaysse, Ed : Synthélabo 1996
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